Les avancées dans le domaine de l'intelligence artificielle sont actuellement dominées par le développement massif des infrastructures cloud. Ce phénomène relègue au second plan une autre évolution tout aussi importante : les modèles d'IA fonctionnent de plus en plus directement sur les terminaux – smartphones, capteurs, robots industriels ou véhicules. Cette « IA en périphérie » traite les données là où elles sont générées, au lieu de les transmettre à des centres de données distants.
Cela a des conséquences considérables, notamment en matière de cybersécurité. D’une part, comme les données sensibles restent sur place, l’IA en périphérie renforce la protection des données et la souveraineté numérique. Mais d’autre part, la proximité entre les données, les modèles d’IA et le matériel augmente la surface d’attaque et transfère la responsabilité de la cybersécurité du cloud vers les exploitants des terminaux.
Afin que la Suisse ne passe pas à côté de cette évolution et puisse à l’avenir utiliser l’IA en périphérie de manière sûre et fiable, la plateforme thématique « Cybersécurité » de la SATW présente des pistes d’action concrètes :
Le développement fulgurant dans le domaine de l’IA s’opère de plus en plus au niveau local. Afin que la Suisse puisse utiliser l’IA en périphérie de manière sûre et fiable, les mesures discutées ici devraient être mises en œuvre.
Cette fiche d'information s'appuie sur les travaux de la plateforme thématique « Cybersécurité » de l'Académie suisse des sciences techniques (SATW). Cette plateforme identifie les évolutions pertinentes dans le domaine de la cybersécurité et élabore des recommandations à l'intention des pouvoirs publics, des entreprises et de la société.
En savoir plus sur la plateforme thématique « Cybersécurité »
En savoir plus sur le thème de la cybersécurité à la SATW.
Cette fiche d'information examine les implications, en matière de cybersécurité, du recours croissant aux modèles d'IA directement sur les terminaux plutôt que dans le cloud. Elle présente des pistes d'action permettant à la Suisse d'utiliser l'IA en périphérie (Edge AI) de manière sûre et fiable.
L'IA en périphérie désigne les systèmes d'IA qui fonctionnent localement sur des terminaux, par exemple sur des smartphones, des capteurs, des robots industriels ou dans des véhicules. Les données sont traitées là où elles sont générées, au lieu d’être transmises à un centre de données distant. La frontière entre l’IA dans le cloud et l’IA en périphérie est floue, avec différentes possibilités de combinaison, comme l’entraînement de l’IA dans le cloud et son utilisation en périphérie.
L'IA en périphérie permet des temps de réponse rapides, une réduction de la bande passante, une disponibilité hors ligne, une protection intrinsèque des données sensibles (« Privacy by Design ») et un traitement des données économe en ressources. Ces avantages découlent principalement du fait que les données sont traitées localement et que les modèles d’IA en périphérie sont nettement plus légers que les modèles cloud.
L'IA en périphérie présente à la fois des avantages et des inconvénients en ce qui concerne le trio « confidentialité, intégrité et disponibilité ». D'une part, le traitement local des données renforce la protection des données et réduit le risque d'interception. D'autre part, la proximité entre les données, les modèles d'IA et le matériel augmente la surface d'attaque locale et le nombre de vecteurs d'attaque. La responsabilité en matière de cybersécurité se déplace ainsi du cloud vers la périphérie.
L'IA en périphérie permet des temps de réponse rapides, une réduction de la bande passante, une disponibilité hors ligne, une protection intrinsèque des données sensibles (« Privacy by Design ») et un traitement des données économe en ressources. Ces avantages découlent principalement du fait que les données sont traitées localement et que les modèles d’IA en périphérie sont nettement plus petits que les modèles dans le cloud.
Cette fiche d'information recommande aux entreprises de mettre en œuvre de manière proactive des normes reconnues : les principes d’architecture « zero trust » (NIST SP 800-207), les normes internationales relatives à l’automatisation industrielle (CEI 62443) et les nouvelles normes de sécurité pour les modèles d’IA, assorties de tests de « red teaming » obligatoires. Lorsque les initiatives volontaires ne suffisent pas, la réglementation devrait imposer aux systèmes à haut risque le principe de « Security by Design ». De plus, les fournisseurs doivent miser davantage sur des environnements d’exécution fiables (VAU) afin de protéger les données et le code au niveau matériel grâce à une séparation physique.
Il s'adresse aux décideurs des milieux politiques, économiques et de la recherche qui s'intéressent à la cybersécurité et à l'utilisation sécurisée des systèmes d'IA.
Cette fiche d'information a été élaborée par la plateforme thématique « Cybersécurité » de l'Académie suisse des sciences techniques (SATW). La direction du projet a été assurée par Tobias Schlegel. Douze auteurs issus des milieux de la recherche, de l'économie et de l'administration ont contribué à son élaboration.
| Rôle | Titre + Nom |
|---|---|
| Gestion de projet | Tobias Schlegel |
| Rédacteur·rice·s | Esther Lombardini |
| Texte par | Umberto Annino, Matthias Bossardt, Daniel Caduff, Stefan Frei, Roger Halbheer, Pascal Lamia, Martin Leuthold, Hannes Lubich, Raphael Reischuk, Bernhard Tellenbach, Andreas Wespi |